Après des semaines de tergiversation, le maire de Lyon a enfin pris la peine d’écouter les grévistes qui bloquaient une grosse majorité des cantines lyonnaises, engendrant par là même de véritables difficultés pour des parents d’élèves dans l’obligation de s’organiser au jour le jour.

La grève est finie (pour l’instant), tant mieux pour les parents, lesquels dans leur ensemble soutenaient la démarche d’un personnel de cantine bien mal considéré par la commune. La reprise du travail a ainsi été adoptée -de justesse- par respect pour les parents, selon les syndicats, mais pas par satisfaction des propositions de la municipalité. Et nous ne sommes pas à l’abri d’une nouvelle grève qui pourrait de nouveau paralyser parents et enfants. Des enfants de 3 à 9 ans qui se sont parfois retrouvés sur le trottoirs, ou dans des lieux inadaptés pour manger des déjeuners froids sortis du sac.
Tout n’est pourtant pas réglé. Le million et demi d’euros posé sur la table (qui aurait pu l’être il y a un mois d’ailleurs), n’apportera pas pour autant des statuts stables à des vacataires qui chaque jour attendent, téléphone fixé à l’oreille, qu’on les appelle pour leur dire s’ils travailleront ce jour là ou non.
Ce 1,5 million d’euros ne résoudra pas non plus le problème d’infrastructure que dénonce Dominique Perben depuis plusieurs mois : la municipalité qui se targue de construire toujours plus de logements n’a pas su anticiper l’évolution de sa population dans certains quartiers, privant ainsi de nombreux enfants de cantine. Aussi n’est il pas rare que deux parents qui travaillent doivent -sans préavis- récupérer leur enfant pour lui assurer un déjeuner. Pis encore, certains restaurants scolaires organisent cet accueil en fonction d’une logique alphabétique ! Et selon que le nom des parents commencent par un « A » ou par un « W », ils sont privés respectivement de cantine le lundi ou le vendredi, sans même qu’une concertation ne sont envisagée pour les arranger.
Dans certaines écoles, ce sont justement les deux parents qui travaillent qui deviennent une cible : s’ils travaillent, ils ont des moyens paraît il ! On marche sur la tête !
Malgré la reprise du travail des salariés de la restauration scolaire, Dominique Perben continuera de dénoncer les manquements d’une municipalité très « paillettes » au point d’en oublier son métier de base : fournir via l’impôt prélevé un service de droit à ses administrés.
Dernière minute : la municipalité n’aurait même pas pris la peine d’informer officiellement les fédérations de parents d’élèves de la fin de la grève ! Un comble quand on sait que le maire est entouré d’une armée de communicants !
