Première application concrète du Traité de Lisbonne qui entre en vigueur aujourd’hui : l’Union Européenne s’est dotée d’un Président en la personne d’Herman VAN ROMPUY, actuel Premier ministre belge. C’est une première et un événement important dans l’histoire de la construction européenne. Dans le même temps, Catherine ASHTON a été nommée à la tête de la diplomatie européenne.
M. VAN ROMPUY entrera en fonction le 1er janvier 2010, à la Présidence du Conseil européen. Le Conseil européen réunit l’ensemble des chefs d’État ou de Gouvernement des États membres de l’Union européenne et le Président de la Commission européenne, M. Barroso.
Jusqu’à présent, le Conseil européen était présidé par l’un des Chefs d’Etat des pays membres, avec un changement tous les 6 mois. Le principe de cette présidence tournante a montré ses limites dans une Union européenne à vingt-sept pays. S’il n’est pas question de remettre en cause la qualité des actions menées (souvenons nous de l’extraordinaire vitalité de la présidence française) cette formule n’est pas la meilleur sur le long terme puisqu’elle oblige de changer de Président tous les six mois et n’incite pas à la cohérence des actions. Par ailleurs, pour nos partenaires étrangers, il était parfois difficile de s’y retrouver.
Maintenant, la Présidence du Conseil européen sera assurée par une même personne pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois.
Herman Van Rompuy et Catherine Ashton auront pour mission d’incarner l’Union européenne autant auprès de ses citoyens que sur la scène internationale. Ils doivent devenir la voix unique qui manque tant à l’efficacité diplomatique européenne vis-à-vis du reste du monde. Ils apparaissent tous les deux armés pour répondre à cet immense défi. Le nouveau président est en effet un négociateur hors pair dont la capacité à obtenir des compromis sera utile dans les grandes négociations qui s’annoncent, comme la réforme de la PAC ou le budget communautaire, ou pour préparer une stratégie harmonisée de sortie de crise. Quant à Catherine Ashton elle a acquis, comme représentante de l’Union à l’OMC l’expérience des négociations internationales.
Notons cependant que les présidences semestrielles tournantes de l’Union n’ont pas été supprimées. La présidence du Conseil de l’Union européenne (soit le conseil des ministres de l’Union européenne) continuera donc d’être exercée par un État membre à tour de rôle, représenté par le ministre compétent.
Du profil de cette première présidence dépendront les contours futurs de la fonction et la capacité de l’Union Européenne de s’exprimer d’une seule voix.
