Comme chaque année, j’étais hier place Charles de Gaulle devant l’auditorium pour la commémoration de l’appel du 18 juin, un appel qui résonne en chacun de nous comme l’appel de la liberté. Nous devons nous souvenir du Général de Gaulle, cet homme, à Londres, intransigeant devant l’envahisseur. Nous devons nous souvenir aussi de tous ceux, anonymes, qui ont choisi de se dresser, au péril de leur vie, face l’horreur et la barbarie.
Lyon, cette ville ou des hommes et des femmes se sont dressés face au nazisme, ont souffert et n’ont jamais pliés. Lyon, Médaillée de la Résistance avec Rosette par décret du 26 Novembre 1946, et de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur avec attribution de la Croix de Guerre avec palme le 28 février 1949, est un haut lieu de la résistance.
Ici, dans chaque quartier, chaque rue, chaque maison on trouve un écho au 18 juin 1940, et le rappel à notre permanent devoir de mémoire. Je pense notamment à la prison Montluc qui fut le théâtre d’abominables massacres puis de la torture de Jean Moulin. C’est aussi à Lyon que le Préfet Moulin a refusé de signer le document rendant les tirailleurs Sénégalais responsables des massacres alentours, c’est ici aussi que les plus sévères coups ont été portés à la résistance, et qu’elle n’a jamais faibli.
L’appel du 18 juin est l’élément fondateur de la résistance, de la libération, mais aussi de la reconstruction d’après-guerre. Je tiens à associer cette cérémonie à une autre, souvenir qui découle du même mouvement de liberté, le 26 mai dernier, nous avons commémoré la création du Conseil National de la Résistance dont la première séance se tint, le 27 mai 1943. Le Conseil National de la Résistance est l’aboutissement de deux actions successives initiées par le Général de Gaulle. Le résultat de la mission Brossolette-Passy, qui coordonne le mouvement de l’ex-zone Nord, et la réunification des réseaux du Nord et du Sud par Jean Moulin, en tant que Délégué Général.
Le Conseil National de la Résistance est une exceptionnelle entreprise de courage face à l’invasion et la barbarie. C’est aussi l’aboutissement de l’unité nécessaire pour vaincre l’ennemi. Cette armée de l’ombre a fait preuve d’un courage et d’une volonté exceptionnelle. Doit on rappeler combien il fallait de courage face à la Gestapo et aux milices ? Pourtant le CNR poursuivit sa mission, sans jamais renoncer, coordonnant les maquis, et préparant des l’automne 1943 la mise en place de l’administration de la France libérée. La résistance ce fut aussi la création des FFI en février 1944, le programme du CNR en mars 1944, et les actions armées qui participèrent largement au succès du débarquement allié en Normandie. En août Paris était libérée, et le 15, le Général De Lattre débarquait en Provence. Enfin, le 8 mai 1945 l’Allemagne capitulait.
Le Conseil National de la Résistance, et la Résistance toute entière ce sont des hommes et des femmes dressés et inflexible qui ont permis à la France de continuer à vivre. Mais en sus de résister à l’occupant, ils ont su réfléchir aux causes de la défaite, et poser les bases de ce qui allait faire la France de l’après guerre. Le droit de vote des femmes, la constitution de 1946, la sécurité sociale, ce qui permit à la France de se relever nous le devons en grande partie au Conseil National de la Résistance. Nous devons nous en souvenir, comme nous devons transmettre la mémoire de l’ « armée des ombres » aux générations futures, et ce qu’ils défendirent pour nous et pour laquelle nous ne pouvons faire le moindre compromis : la liberté.
Arrêté en juin 1943, Jean Moulin fut incarcéré dans la prison de Montluc et torturé sans jamais dire un mot. Aujourd’hui nous devons sauvegarder ce qui fut sa cellule, ici, au Fort Montluc. Ce doit être un monument de mémoire, un lieu de recueillement et de souvenir pour qu’à jamais l’horreur se taise. Lyon, je le redis, est un haut lieu de la résistance, les lieux qui l’incarnent doivent être préservés. J’y suis profondément attaché.
