La crise du lait a révélé un profond malaise chez les producteurs. De nouveau nous entendons parler du problème des relations entre grande distribution et producteurs, et se profile derrière la question des marges. Depuis plusieurs mois, le Gouvernement tâche de trouver des solutions, avec notamment des mesures de contrôle et de transparence des prix.
Déjà avec la loi de Modernisation de l’Economie, le Gouvernement a souhaité mettre fin au système absurde des marges arrière qui pénalisait injustement producteurs et consommateurs. Désormais une véritable négociation des prix est établie, ce qui constitue une avancée considérable vers des relations commerciales plus loyales. Par ailleurs, la LME a mis en place des gardes fous qui facilitent notamment la lutte contre l’abus de position dominante, de puissance d’achat et augmentent le montant des sanctions. Les producteurs peuvent par exemple saisir le juge s’ils se sentent lésés. La Fédération Nationale des Producteurs de Légumes a d’ailleurs obtenu récemment 1 M€ de dommages et intérêts.
Les négociations entre fournisseurs et distributeurs se sont déroulées cette année dans un contexte marqué par une chute brutale des cours des matières premières au niveau mondial. Aujourd’hui producteurs et consommateurs ne sont pas satisfaits au vu des coûts de production et des prix pratiqués par les distributeurs. A l’évidence un certain nombre d’acteurs de la filière ne jouent pas le jeu, les contrôles seront donc renforcés pour comprendre l’origine des prix. Dès le mois d’avril de nombreux contrôles ont été effectués avec pour objectif de vérifier l’application effective des dispositions de la LME dans les relations entre fournisseurs et distributeurs. La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation, et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) va d’ailleurs prochainement compter une brigade de contrôle de la LME. De plus, face à la nécessité d’évaluer l’efficacité de la LME, le Gouvernement s’est engagé à dresser un bilan de son application d’ici la fin de l’année.
Autre impératif, la transparence des prix. Dans cette optique le Gouvernement a mis en place dès mars 2008, un Observatoire des prix et des marges pour mesurer l’évolution et analyser la formation des prix et des marges du producteur au consommateur. Les prix du porc aux stades de la production, de la découpe et du détail seront par exemple désormais publiés sur le site de l’Observatoire tous les mois. Une démarche similaire est engagée dans le secteur des produits laitiers. Près de 80 000 produits sont actuellement contrôlés dans cette filière.
L’ensemble de ces travaux en cours font l’objet d’un suivi avec les différents acteurs du secteur. Aujourd’hui ils se retrouvent autour du Ministre de l’agriculture, Michel BARNIER, afin de faire le point sur l’application de la LME.
Sur ce dossier, il est important d’apporter des réponses claires, dans le souci de la préservation du pouvoir d’achat des Français, et le respect du travail effectué par les producteurs.
