Cela fait 9 mois maintenant que je travaille sur la réforme des collectivités locales. Au sein du comité pour la réforme des collectivités locales d’abord, à la rédaction d’un rapport aujourd’hui, et à travers une série de réunions que j’anime sur l’ensemble du territoire. Ce travail réflexif est le fruit d’une longue concertation avec experts et élus, et d’échanges sur l’ensemble du territoire, lors de réunions publiques avec tous ceux qui le souhaitaient.
Les échanges furent riches, constructifs, instructifs. Nous ne pouvions nous passer de ce travail en amont, qui permettra de mettre en œuvre la réforme de nos collectivités, sereinement et avec tout le recul nécessaire. Je m’en félicite. Nous sommes arrivés au terme de cette première phase de travail, il faut maintenant le concrétiser. Le titre du rapport pour la réforme des collectivités locales exprimer d’ailleurs parfaitement mon sentiment : « Il est temps de décider ».
Aujourd’hui je tire le signal d’alarme devant les résistances des associations d’élus face à la réforme envisagée. Il ne faudrait pas que la démarche institutionnelle engagée par le Gouvernement soit remise en cause. Que l’ensemble des travaux effectués, des réflexions engagées, des concertations menées avec les Français, des espoirs qu’ils ont suscités chez eux, se traduisent par une réforme a-minima, c’est-à-dire le maintien du système actuel, trop complexe et trop couteux.
Il est légitime et juste de consulter les associations d’élus. Mais leurs positions reposent, par nature, sur le plus petit dénominateur commun entre leurs membres. Or l’attente des Français est énorme.
Je remettrai prochainement mes propositions complémentaires et j’insiste une fois de plus sur l’importance d’aller au bout de cette réforme. Je prends l’exemple des conseillers territoriaux, l’une des propositions contre laquelle se dressent beaucoup d’associations d’élus. Il s’agit de remplacer les actuels conseillers régionaux et conseillers généraux, par un seul élu, le conseiller territorial, qui siégera dans les deux assemblées. La fusion des élus mettra fin à cette compétition permanente entre le département et la région qui a entraîné une inflation de la dépense publique. Aujourd’hui, nous dénombrons près de 4.000 conseillers généraux et 2.000 conseillers régionaux, soit un total de 6.000 élus. Ca n’est pas le signe d’un système viable. Notre objectif est de réduire ce nombre de moitié afin de rapprocher davantage les deux collectivités, de simplifier le rapport du citoyen à son administration locale, et de réduire les dépenses inutiles.
Réformer notre administration locale permettra d’améliorer la relation entre les citoyens et leurs territoires en rendant l’administration locale plus lisible, et mettra fin à un système inflationniste en termes de dépense publique. Nous avons longuement échangé autour de la mise en pratique de la réforme, détaillé chaque point, pris en compte les arguments de chacun, maintenant il faut agir !
