Depuis quelques jours, bon nombre de personnes, de tous bords, réagissent suite à la proposition que nous avons faites dans le cadre du Comité Balladur, de passer de 22 à 15 régions. Je suis effaré des extrapolations qui ont pris le pas sur la réalité de notre proposition.
Déjà je tiens à rappeler l’objet de ce rapport : face à la complexité de l’organisation territoriale actuelle de notre pays, décriée par tous, nous proposons des pistes pour une nouvelle organisation qui réponde à la réalité des territoires d’aujourd’hui et aux enjeux de demain. Des pistes qui résultent des nombreuses consultations que nous avons menées depuis le mois d’octobre. Le rapport que nous présenterons la semaine prochaine au Président de la République est issu de ces échanges entre des responsables politiques, des experts, des membres de la société civile, et des représentants d’associations. Il ne s’agit en aucun cas d’une décision arbitraire d’un petit groupe d’élus partisans, dont la rigidité jacobine masquerait à leurs yeux la réalité des territoires. Ce rapport vise au contraire à améliorer le rapport des français à leurs territoires en clarifiant et rationalisant les mécanismes de décision. Nous avons été guidés par la volonté de prendre en compte la multiplicité des réalités territoriales qui font la richesse de notre pays. Les réponses que nous avons apportées sont donc multiples et bien loin d’énoncer des règles générales, elles permettent à chaque collectivité de décider de son avenir.
Revenons aux régions, nous ne proposons pas un plan de fusion des régions. Nous évoquons effectivement la nécessité de passer de 22 à 15 régions, des régions plus fortes, plus visibles sur la scène européenne. Il n’est pas question pour nous de définir un nouveau découpage territorial, même si chacun d’entre nous a sa vision des choses, et nous ne nommons dans le rapport aucune région. Les éventuels rapprochements se feront sur la base du volontariat. Nous proposons de donner la possibilité aux populations qui le souhaitent de modifier le contour de leurs territoires.
Comme le disais très justement André Vallini, le statu quo n’est pas une solution, le mérite de ce rapport, de ces propositions est de lancer le débat face à un constat que tout le monde partage. Je regrette les réactions d’opposition systématique à tout projet de réforme, alors que nous pourrions tous, au-delà des clivages politiques, avancer sur ce sujet dans le sens de l’intérêt général. Nous pourrons alors porter ensemble le pays vers l’avenir en prenant mieux en compte ce qui fait la richesse et la force de la France, la diversité de ses territoires.
