Les élections israéliennes ont rendu leur verdict, ce mercredi 11 février. Le Parti Kadima arrive en tête avec 28 sièges devant le Likoud et ses 27 sièges. Suivent ensuite le parti d’extrême droite Israel Beitenou (15), le parti travailliste (13) et le parti ultra-orthodoxe Shass (11).
Si les résultats ne sont pas définitifs car ils ne prennent pas en compte le vote des soldats, ce qui devrait correspondre à cinq ou six sièges, on peut d’ors et déjà en tirer plusieurs enseignements. Tout d’abord, le Likoud revient en force après la déroute des dernières élections (12 sièges) et Benyamin Netanyahou est « déjà convaincu d’être le prochain Premier ministre ». En effet, si le parti est encore devancé d’un siège par Kadima, il réunit potentiellement 65 députés sur 120 alors que Tzipi Livni ne peut prétendre qu’à 55 au sein d’une coalition. Notons qu’elle refuse de nouer une alliance avec les 11 députés des partis arabes. Kadima arrive pour l’instant toujours légèrement en tête, mais est clairement en retard face au Likoud, d’autant que celui-ci est structuré aujourd’hui autour de Netanyahou alors que Tzipi Livni ne dispose que d’une infime majorité au sein de son propre parti.
Notons ensuite que les travaillistes, le parti d’Ehud Barak, fondateurs de l’Etat d’Israël enregistrent le pire score de leur histoire avec 12 sièges et se retrouvent dans une position au moins aussi inconfortable que celle du Likoud avant ces élections. Ils souffrent surtout de leur positionnement plus à droite, attiré par les positions radicales du Likoud mais aussi de Kadima avec qui ils formaient la dernière coalition, ils jouent sur un terrain qui n’est historiquement pas le leur.
Enfin, la montée de l’extrême droite incarnée par Israel Beitenou est importante. Avec ses 15 sièges le parti se retrouve dans une position pivot puisqu’on ne pourra faire sans lui en vue d’une prochaine coalition. Il semble bien entendu soutenir Netanyahou même si son chef, Avigdor Lieberman s’est refusé à commenter une éventuelle alliance.
De ce scrutin peuvent ressortir deux choses. Ou bien une coalition se forme autour de Benyamin Netanyahou, ou bien celui-ci laisse Tzipi Livni s’emparer du pouvoir, sachant qu’elle a peu de chance de tenir longtemps au poste de Premier Ministre, tellement sa coalition serait fragile, et sa position de chef de Kadima incertaine. Ce qui est certain c’est que ce scrutin ne marque pas un assouplissement des positions sur la question de l’avenir de la Palestine surtout si la prochaine coalition est obligée de négocier avec Lieberman ce qui semble inévitable.
