Hier, Nicolas Sarkozy a exposé avec clarté et détermination les mesures qu’il va prendre pour lutter contre les risques en termes d’emploi et de pouvoir d’achat. Il a entendu les inquiétudes exprimées par nombre de Français, et souhaite y apporter des réponses concrètes.
Lucide, le Président a rappelé certaines réalités. Nous sommes victimes d’une crise « comme le monde n’en a pas connu depuis un siècle » à laquelle il s’agit de réagir fermement et de concert avec nos partenaires. Le chef de l’Etat l’a répété, il n’a « pas l’intention d’évacuer » sa responsabilité, et compte œuvrer pour « moraliser et réformer le capitalisme ».
Nous avons entamé il y a un an et demi un long mais passionnant travail de réformes, il s’agit d’en maintenir le cap « au même rythme ». L’Etat est ainsi « prêt à faire un effort » pour « mieux protéger » les jeunes en fin de CDD qui ne retrouvent pas d’emploi en période de crise. Le Président a aussi annoncé qu’il allait « aller plus loin » sur l’indemnisation du chômage partiel déjà passée en décembre de 50% à 60% du salaire brut à la suite d’un accord avec les partenaires sociaux.
Toutes ces mesures seront proposées aux organisations syndicales et patronales lors d’une réunion annoncée le 18 février.
Un point fort de ses annonces est la suppression de la taxe professionnelle en 2010 dans tous les secteurs afin de lutter contre les délocalisations qui menacent de nombreux salariés. Plus spécifiquement, dans l’industrie automobile, le chef de l’Etat souhaite « qu’on arrête les délocalisations », il s’est pour cela engagé à des « contreparties », notamment en termes de « relocalisation, de licenciements, de politique de dividendes ». Il souhaite également réfléchir au « partage du profit » entre salariés et actionnaires et demande aux partenaires sociaux de parvenir à un accord sans quoi « l’Etat prendra ses responsabilités ».
Le président Sarkozy a également redit son désir de ne pas engager de dépenses publiques supplémentaires, et de s’en tenir à la « règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ». Il s’agit aussi de poursuivre la réforme de l’Etat qui compte aujourd’hui un nombre trop important de divisions administratives.
Au niveau de la gouvernance mondiale, le chef de l’Etat insiste sur l’urgence d’une réponse concertée et coordonnée, d’où la nécessité du prochain sommet du G20 qui se tiendra le 2 avril prochain à Londres. Il s’est notamment prononcé sur les paradis fiscaux vis-à-vis desquels il adopte une position très ferme, il s’agit d’«exiger la transparence sur la provenance et la destination des fonds ». La France se doit d’être exemplaire, et se poser en moteur de ce changement. Il a aussi réaffirmé l’importance du contrôle de toutes les institutions financières et des systèmes de notations peu transparents.
Au niveau européen, poursuivant la voie sur laquelle il s’est engagé avec Angela Merkel, Nicolas Sarkozy souhaite une position cohérente et unique entre les Etats de l’Union. Il estime qu’il y est du « devoir » de l’Union européenne d’afficher une position commune avant le 2 avril.
Dans son intervention, Nicolas Sarkozy a démontré sa volonté de s’inscrire durablement dans la transparence, tant au niveau des institutions internationales, que de la réforme de l’Etat. Il est apparu au plus près des préoccupations des français, entendant leurs difficultés et proposant des mesures fortes et claires pour lutter contre les menaces de délocalisations et la précarité.
