Dans quelques jours nous fêterons le 60ème anniversaire de l’Alliance atlantique, un anniversaire qui se déroulera conjointement à Strasbourg et à Kehl pour symboliser la très forte et indispensable amitié franco-allemande. Le Président Sarkozy a d’ailleurs cosigné une déclaration avec Angela Merkel pour rappeler les grands axes de notre politique de défense et de coopération.
L’année 2008 a connu un certain nombre de crises, crise économique, crises écologiques, mais aussi et surtout humaines. Les conflits se sont multipliés. Dans le Caucase l’été dernier où la situation a pu faire craindre à un retour aux conflits d’il y a vingt ans. Au Proche-Orient où la situation s’est de nouveau embrasée. Mais aussi en Afrique (RDC et Zimbabwe), au Sri Lanka et dans une moindre mesure au Mexique ou en Bolivie. Voilà pourquoi nous devons poursuivre nos efforts de concertation stratégique avec nos partenaires, et de mise en place d’une politique de sécurité efficace. Un partenariat accru autour de l’OTAN, et de l’Union européenne est absolument nécessaire, et cela en prenant en compte les différentes facettes des crises actuelles.
La sécurité n’est plus simplement une question de protection des frontières, nous le savons, les risques ne sont plus les mêmes aujourd’hui et nous devons nous adapter à cette réalité (c’est notamment le rôle du Livre blanc sur la Défense dont j’ai déjà parlé sur ce site). Une sécurité qui s’appuie sur les partenariats avec les autres pays, partenariats qui se basent sur les valeurs de paix, de co-développement et d’assistance mutuelle.
L’amitié franco-allemande, l’Union Européenne, et le pacte atlantique sont au cœur de ces partenariats.
L’amitié franco-allemande franchit un nouveau pas avec une unité allemande stationnée sur le sol français, ce qui règle définitivement les douloureuses questions de mémoires entre nos deux pays.
L’Union Européenne si elle a beaucoup progressé en matière de défense ces dernières années ne s’est pas encore dotée, en partie à cause des nombreuses divergences entre ses états membres, d’un réel outil de sécurité commun. Nous avons encore de nombreux efforts à faire dans ce domaine.
Le 60ème sommet transatlantique doit être l’occasion de concrétiser par des choix politiques et stratégiques les nouvelles réalités mondiales. Il s’agit de renforcer le partenariat entre l’Otan et l’Union Européenne, notamment en faisant en sorte que l’Europe ne parle que d’une seule voix. Les récentes élections américaines, et le nouvel intérêt que semble adresser l’administration américaine à la coopération transatlantique ne peuvent qu’encourager à progresser dans cette voie. C’est, après quelques années de désaccord, un retour à cette coopération indispensable entre l’Europe et les Etats-Unis.
N’oublions pas la Russie qui est un partenaire majeur, avec qui nous devons développer des partenariats fructueux et une politique commune en matière de défense. La Russie est revenue au premier plan dans l’échiquier mondial et dans un schéma qui n’a rien à voir avec ce que nous avons connu par le passé. La Russie n’est pas l’URSS contrairement à ce que certains veulent faire croire, c’est aujourd’hui une garantie supplémentaire pour la paix européenne.
Il convient donc d’associer la Russie à la réflexion d’ensemble sur les questions de sécurité, et d’en faire un partenaire à cette axe OTAN-Union Européenne qu’il est si important de développer.
Par ailleurs ce sommet marque le retour de la France au sein du commandement militaire de l’OTAN et par la même le retour de la France au premier plan stratégique. Mais cela n’occultera pas les importantes décisions qui devront être prises. Les questions liées aux boucliers anti-missiles qui cristallisent de nombreuses tensions entre Kaliningrad et Varsovie seront bien évidemment discutées. Mais il faudra aussi rappeler avec beaucoup de fermeté la nécessité du contrôle des armements.
Le président Sarkozy et la Chancelière Angela Merkel ont rappelé ces points essentiels. Il apparait en effet indispensable que les deux pays amis que sont la France et l’Allemagne parlent d’une même voix au nom de la paix et de la raison. C’est la condition pour que s’engagent des discussions constructives et sereines pour garantir la sécurité de tous. La France qui réagit avec force et de concert avec ses partenaires européens à la crise financière, se place sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy comme un acteur majeur et moteur sur les questions stratégiques
