Cette rencontre était organisée la semaine dernière par le groupe local concertation prison de Lyon qui regroupe un certain nombre d’associations qui agissent auprès des détenus et de leurs proches. Nous avons fait le point sur le projet de loi pénitentiaire qui a été déposé au Sénat et qui doit être examiné en 2009.
Ces échanges étaient très enrichissants, témoignages et ressentis de personnes qui sont sur le terrain et qui connaissent très bien le milieu carcéral.
Nous avons notamment évoqué les problèmes de la surpopulation carcérale, et le souhait exprimé par Bruno Lachnitt, Délégué général du Secours catholique, de rendre automatique la peine alternative pour les peines inférieures à un an. Différents participants ont insisté sur le maintien du lien familial, et pour cela la nécessité de mieux informer les familles au moment des transferts, d’améliorer les conditions de visite, notamment les parloirs, et d’alléger les procédures pour l’obtention d’un droit de visite. Les visiteurs de prison présents à cette rencontre ont évoqué leur souhait d’avoir accès à tous les établissements pénitentiaires, et notamment les établissements pour mineurs. Un autre sujet d’importance est celui de l’instruction et du travail en prison, nous sommes tous d’accord pour que le droit à l’instruction soit inscrit dans la loi. S’agissant du travail en prison, il est de plus en plus difficile de trouver des chantiers qui peuvent être délocalisés en prison, c’est pourquoi je suis pour le développement des chantiers extérieurs (comme c’est le cas à Marseille avec la prison des Baumettes). La Cimade nous a sensibilisé sur la situation des prisonniers étrangers, 19% de la population pénitentiaire est étrangères, et sur les difficultés propres qu’ils rencontrent (barrière de la langue, renouvellement des titres de séjour). Enfin, nous avons également abordé les problématiques des prisonniers indigents, de la liberté de conscience et de choix de culte, et de la réinsertion.
Enfin, pour conclure cette rencontre, Bruno Lachnitt a insisté sur l’importance de laisser une place aux associations qui interviennent dans le milieu carcéral, dans les structures qui remplaceront les commissions de surveillance. En effet, il est important que le secteur associatif, très présent dans le milieu carcéral, soit impliqué dans les décisions relatives à la vie de l’établissement.
J’ai d’ores et déjà transmis un résumé de ces échanges au Président de la Commission des lois au Sénat, le Sénat étant saisi en premier sur ce texte. A l’Assemblée, nous travaillerons sur le projet de loi tel que modifié par le Sénat. Je suivrai de près ce texte qui, je l’espère, nous permettra d’améliorer les conditions de détention et de réinsertion dans notre pays.
