Audacieux parce qu’il faut à notre Président du courage, de l’audace, pour aller sur place rouvrir le dialogue avec la Syrie. Il ne s’agit pas d’oublier ce qui a pu se passer au Liban : l’assassinat du Président Hariri, dont la Syrie a été soupçonnée, ou la mise sous tutelle partielle du Liban. Il s’agit d’accompagner le changement, d’obtenir l’établissement de relations diplomatiques normales entre le Liban et la Syrie, d’inciter celle-ci à participer à des discussions indirectes ou directes avec Israël, à cheminer enfin sur le chemin de la paix au Proche-Orient.
Un pari, car la Syrie entretient des relations étroites avec l’Iran, puissance dominante du Moyen-Orient. Quelle sera la volonté d’autonomie de la Syrie par rapport à ce grand partenaire ? Nul ne le sait, mais aider la Syrie à sortir de l’isolement ne peut qu’ouvrir de nouvelles voies de discussions, de négociations entre ces différents partenaires.
J’ai été heureux de voir cette image de notre Président à Damas avec le Président syrien, le Premier ministre turc et l’émir du Qatar. C’est le retour de la France comme acteur dans cette région du monde, du retour de l’Europe comme facteur de paix. C’est un pas supplémentaire dans l’édification de cette politique de la Méditerranée lancée par Nicolas Sarkozy le 13 juillet dernier. La paix autour de la Méditerranée, c’est plus de stabilité dans le voisinage de l’Europe, c’est plus de croissance et de bien être pour toutes les populations concernées, c’est une chance de réconciliation de tous les peuples autour de la Méditerranée. Bravo à Nicolas Sarkozy de faire ce pari audacieux.
